Journée ADBS-Recherche sur les archives ouvertes

J’ai eu le plaisir d’animer une partie de cette journée (20 mai 2011) dont voici une petite synthèse. Les présentations des intervenants seront rapidement accessibles aux membres de l’ADBS sur leur page préférée.

Tout d’abord, un constat, alors que les archives ouvertes avaient à l’origine pour objectif la « communication scientifique directe », elles servent aujourd’hui, dans le milieu de la recherche, un double objectif de visibilité et d’évaluation (en interne ou en externe). Autre constat, en France, les archives ouvertes, tournent autour de HAL, désormais au cœur du dispositif français.

Le choix de faire une archive institutionnelle repose sur plusieurs critères, parmi lesquels: la recherche d’un recensement exhaustif de la production scientifique, la possibilité de s’appuyer sur des référentiels maison, la gestion de la confidentialité de certains documents, l’intégration avec les systèmes d’information maison (pour alimenter certaines métadonnées), et, bien sûr, certains choix politiques. Les limites de ces archives sont l’interopérabilité encore difficile avec d’autres archives. Une pérennité des fichiers sans doute moins bien garantie qu’avec HAL, par exemple.

Les intervenants ont tous mis l’accent sur la qualité des données, très difficile à maintenir. Il s’agit de répondre à plusieurs impératifs, comme par exemple, repérer les données incohérentes, les doublons d’auteur, valider les référentiels, etc. D’où un rôle crucial des professionnels de l’IST, en amont, pour former et informer les déposants, mais aussi les producteurs de référentiels (service RH, service conventions, etc.), et en aval, pour corriger et enrichir les métadonnées, et organiser l’intégration rétrospective de publications anciennes. Mais il est difficile de corriger des données qui sont mieux connues du déposant que du documentaliste (affiliation des co-auteurs, par ex.) et la question du retour sur investissement se pose.

En ce qui concerne les référentiels, chaque institution a un niveau de granularité plus fin pour décrire sa propre structure, mais se trouve démunie pour les autres structures. Il est important d’intégrer aussi les référentiels qualitatifs, tels que les rang A de revues pour l’AERES, le CNRS, ou d’autres organismes évaluateurs. Certains référentiels ne pourront sans doute pas être construits, comme par exemple, la typologie des documents, d’une appréciation encore très subjective.

On voit néanmoins la nécessité criante de renforcer les collaborations documentaires entre institutions et de disposer de référentiels communs à tous et sans doute élaborés ou compilés en dehors des archives existantes. Certaines initiatives conformes au web de données, peuvent donner une idée de tels référentiels (voir ORCID / IRALIS).

Du côté du droit, obstacle souvent important au dépôt, car dans l’hésitation, l’auteur a souvent tendance à s’abstenir, il faut souhaiter le succès de l’initiative HELOISE, pendant de Sherpa/Romeo pour le paysage éditorial français. On peut aussi prévoir des contradictions à résoudre entre le souhait d’embargo de certains éditeurs et l’obligation de dépôt faite par les organismes financeurs, lorsque leurs délais se révèleront incompatibles (parfois 10 ans pour un éditeur, 2 ans maximum pour la Commission Européenne).

Mais qui dit référentiels, dit contrôle du dépôt, et il restera à trouver un équilibre entre ce contrôle et la lourdeur de saisie pour le déposant. Des pistes peuvent être le pré-moissonnage des références, que l’auteur n’aura plus qu’à valider, et l’analyse du fichier au moment du dépôt, pour en tirer des métadonnées.

Aujourd’hui, les archives ouvertes, ce sont aussi une panoplie de services qui sont autant d’incitateurs au dépôt, au-delà de l’obligation dont tout le monde convient qu’elle est incontournable, mais insuffisante. Il faut permettre à l’auteur d’afficher ses publications facilement et de récupérer une bibliographie répondant aux exigences de diverses instances d’évaluation ou de financement. Ces mêmes services, offerts, au sein d’une institution, à l’échelle d’un département, d’une équipe, d’une unité, sont autant de moteurs à la dynamique de dépôt.

La dernière intervention a fait état de quelques projets internationaux, tels E-LIS, OpenAIRE, VOA3R, EXIT. Certaines de ces archives sont à la fois du type moissonneur (comme feu OAISter) et offre la possibilité de déposer directement si son institution n’a pas d’archive propre. Le fait le plus remarquable est l’utilisation de formats compatibles RDF pour l’exploitation et l’échange des données.

Autres sites des intervenants:

ProdInra

Petale

Cemoa

Hal-Inria

A propos docnews

Documentaliste, chef de projet, manager de l'information, curieux d'informatique documentaire
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