L’Open Access menacé aux Etats-Unis

English: Open Access logo and text

Image via Wikipedia

Aux Etats-Unis, un projet de loi vise à empêcher les agences fédérales qui financent la recherche à imposer l’accès publique des résultats de la recherche.

L’un des plus gros financeur, les NIH (National Institutes of Health), avaient, en 2006, envisagé d’imposer le dépôt dans une archive ouverte de tout résultat de recherche (y compris les articles publiés dans les revues d’éditeurs privés). Le principe sous-jacent était simple : les contribuables donnent leur argent pour la recherche, ils doivent avoir le droit d’en voir le résultat sans avoir à s’acheter un abonnement (astronomiquement élevé) à des revues.

A l’époque déjà, la pression des éditeurs avait conduit les NIH a modérer cette politique et à accepter que les éditeurs imposent un « embargo » : les articles ne seraient librement accessibles qu’après une période définie par l’éditeur (aujourd’hui, cette période peut aller de 6 mois, ce que recommandaient les NIH, à 2 ans).

Aujourd’hui, le projet de loi envisage d’interdire aux NIH d’imposer quoi que ce soit sans l’accord des éditeurs. Un pas de plus pour contrer le mouvement des archives ouvertes et préserver leur pré carré.

Il n’est pas impossible qu’ils y réussissent :

Au Royaume-Uni, une tentative similaire d’ouverture avait été entamé presque à la même époque, par un comité parlementaire. Mais le ministère des finances, apparemment sous la pression, encore une fois, des éditeurs, s’était opposé à la mesure (à l’époque, Reed Elsevier avait violemment réagit à cette proposition).

Néanmoins, les conseils de la recherche anglais avaient déclaré vouloir adopter cette politique en dépit de cette opposition.

En Europe, on sait que les éditeurs ont réussi à faire avaler aux législateurs européens que le prêt de livres par les bibliothèques représentait un manque à gagner inadmissible ce qui a eu pour résultat d’imposer aux bibliothèques de payer pour chaque livre prêté, à un agence (la SOFIA) mise en place par les Etats, donc, aux frais des contribuables…

Merci à Grégory Colcanap (Couperin, Université d’Evry) pour l’information  et pour les sources sur le projet de loi actuel ci-dessous.

A lire, donc :

Un dossier, certes, déjà ancien, dont je suis l’auteur, mais de l’époque de la mise en place des politiques publiques aux Etats-Unis et au Royaume-Uni, peut être trouvé ici (merci aux collègues suisses de l’avoir sauvegardé!):

http://www.grocedop.ch/dyn/bin/1515-1529-1-dossieropenaccess.pdf

l’article du Guardian et le projet de texte déposé au congrès (en fichier attaché)..
http://www.guardian.co.uk/science/2012/jan/16/academic-publishers-enemies-science

d’autres articles en français
http://blog.mysciencework.com/2012/01/20/le-research-works-act-une-menace-pour-lopen-access.html
http://www.sciencepresse.qc.ca/actualite/2012/01/22/acces-libre-science-lopposition-contre-attaque

et aussi celui-ci sur le financement par Elsevier des deux parlementaires à l’origine du texte
http://www.michaeleisen.org/blog/?p=807

A propos docnews

Documentaliste, chef de projet, manager de l'information, curieux d'informatique documentaire
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