Du rififi dans les bibliothèques d’Harvard

Voici une nouvelle qui fera sans doute écho à tous les documentalistes fonctionnaires familiers de la RGPP (Révision générale des politiques publiques) que l’on soupçonne très souvent de n’avoir pour seul but que de couper dans les effectifs (voir aussi une vision « impertinente » ici de la RGPP).  Son pendant américain semble être ce qu’on appelle « the consacred name of financially responsible austerity » (très critiquée là-bas par quelques uns).

En tout cas, au Etats-Unis aussi, le modèle de management top-down a encore de beaux jours devant lui. En effet un vaste programme de réorganisation de la bibliothèque d’Harvard (l’une des plus grandes au monde) a été lancé en 2009 sans que les personnels n’aient été consultés, à de rares exceptions près : dans presque chaque sous-groupe de travail, il y a un membre des bibliothèques. Et en 2009, deux réunions plénières se sont tenues et les équipes ont été sollicitées trois fois par mail pour faire remonter leur avis. Et manifestement, des idées sur l’avenir, ils en avaient:

many of us had hoped that the Transition would lead to broadened collections, high standards, and good service — the sort of library that’s needed to serve a world-class scholarly community

En revanche, on va leur demander cette année de postuler  sur les postes nouvellement définis, comme si on ne connaissait ni leurs compétences ni leur projet professionnels. Ne sont-ils jamais évalués par leur cadres intermédiaires? On peut s’en étonner. Et puis ce sera le jeu des chaises musicales : quand tous les postes seront pourvus, ceux qui n’auront pas été retenus prendront la porte. Le programme explique d’ailleurs qu’il faut changer de modèle économique : tout évolution dans les thématiques doit être financée par les facultés ou chaires qui le demandent, car la bibliothèque de Harvard n’a pas vocation à contenir « toutes les publications scientifiques du monde ».

On peut comprendre sans peine la colère de cet employé qui s’exprime dans le Harvard Crimson, et précise que l’université à augmenté ses revenus de 21% en 2011 pour atteindre (chers collègues français, restez bien assis) 32 milliard de dollars  et que le budget des bibliothèques représente 5,7% du budget annuel de Harvard (225 millions en 2010 – je vous avais dit de rester assis). Certes, les bibliothèques ne rapportent pas d’argent…

 

Que ce billet un peu long ne vous prive pas de lire en priorité ces deux articles et surtout leurs commentaires, qui ne manquent pas de sel : 

http://www.thecrimson.com/article/2012/2/1/library-layoffs-satire/

Harvard Library Plan Under Review | News | The Harvard Crimson.

A propos docnews

Documentaliste, chef de projet, manager de l'information, curieux d'informatique documentaire
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